Grâce
à Claude et François (frères de Pierre) qui m’ont généreusement
amenée à bon port, j’ai pu me rendre à
l’aéroport Pierre Trudeau sans encombre. Là, j’ai été
prise en charge par les préposés de Delta qui m’ont fait passer en
avant de longues lignes d’attentes et m’ont conduite vers un siège
confortable de l’avion où je pouvais étendre mes jambes. Même
traitement à Atlanta et à San José. Dans cet aéroport, un jeune préposé
conduit ma chaise roulante et moi à
une vitesse à me couper le souffle, entre les innombrables passagers,
jusqu’au comptoir de l’immigration que je traverse sans le
voir, pas plus que je ne vois les regards étonnés qui suivent ma
fulgurante progression... Le préposé récupère mes valises, continue
sa démarche, me place devant une exhibition de pancartes et disparaît…Nulle
part, je ne vois mon nom… Après
quelques minutes de légères inquiétudes, j’entends une voix
douce et polie : « C’est bien vous madame Beaupré. Je suis
Jean . Diego nous attend coincé dans la circulation. »
Après avoir traversé des rues dont le conducteur m’explique
les particularités, nous arrivons au jolie gîte de Diego et de sa
sympathique maman, Leila. C’est le Castellito . Quelque
temps passe, puis un Pierre tout joyeux me rejoint. Le lendemain, notre
voyage est retardé par certains problèmes dus à l’achat probable
d’une voiture…La nuit s’annonce rapidement. La circulation est
lente. Malgré tout, nous entreprenons
une longue traversée dans les montagnes où nous sommes montés
jusqu’à 3,700 mètres d’altitude
(lit le conducteur…) D’épais nuages de brumes, de la pluie,
de beaux dégagements qui nous permettent d’entrevoir les grandioses
paysages, puis nous
descendons vers San Isidro. Finalement, nous arrivons à la porte du
Diquis. Même s’il fait noir, je décèle le paradis que j’avais
imaginé et plus encore…Une Renée riante et accueillante, nullement
inquiète de notre retard, nous
reçoit avec son enthousiasme coutumier. Et voilà le premier d’une série
de repas de haute cuisine, dont elle seule a le secret. Deux
couples resplendissants comme l’atmosphère qui nous enveloppe, l’
un venant de Toulouse,
grands voyageurs et très cultives, l’autre, jeunes , curieux de développer
leurs connaissances déjà remarquables, se joignent à l’accueil général.
L’agréable compagnie comprend mon besoin de repos…Pierre me
conduit vers la villa des maîtres où une chambre fraîche, joliment décorée
me permettra un paisible sommeil. Le soleil et les gens se
lèvent tôt au
Costa Rica, car le jour tombe à 6 heures et qu’il faut commencer sa
journée avec sa levée. Alors, je m’y habitue des aujourd’hui…Pas
difficile! je monte
lentement la pente qui conduit au magnifique rancho dont le vaste toit
de palmier procure une bonne protection contre le soleil. Plusieurs
personnes sont attablées devant un sain déjeuner de jus et de fruits
frais. Des céréales et rôties ou autres mets leur sont proposés par
la cuisinière. On entend des échanges joyeux dans différentes langues
et c’est l’harmonie. La vue est magnifique ! D’un coté, c’est
la mer au loin qui brille sous le ciel d’un bleu radieux dont la lumière
intensifie tous les verts mats ou glacés des arbres aux essences
multiples ; de l’autre, c’est la montagne, légèrement enveloppée
de brume à son sommet et couverte, elle aussi, d’une végétation
intense. Immédiatement autour de notre oasis, les buissons débordent
de fleurs de toutes les couleurs : le magenta et le mauve des
bougainvilliers, le blanc et le rose des impatiens tropicales, le rouge
et le blanc crémeux des hibiscus, l’oranger plus ou moins prononcé
d’autres massifs qui me sont inconnus et ces centaines d’autres
fleurs individuelles qui font éclater leur luminosité particulière
dont le rouge sombre velouté . Assise bien à l’ombre, je regarde les
gracieux palmiers balancer leurs souples rameaux et je me sens particulièrement
chanceuse et choyée devant tant de beauté . À
des distances plus ou moins éloignées du rancho se dressent
de jolies villas dont certaines contiennent une cuisinette bien
équipée, certaines ont l’air climatisé.
Un mur extérieur de chacune
offre une harmonieuse peinture exposant le fameux morpho ou papillon
bleu, la thématique du Diquis. Deux
autres couples se sont ajoutés au groupe :
un couple d’Américains très intéressants de Boston , dont
lui est architecte. Il vient de terminer le centre des congrès de cette
ville ; l’autre est un couple français particulièrement élégant,
lui est pilote de gros avions, elle est hôtesse de l’air. Des échanges
amusants entre ces gens compétents qui ne se prennent pas au sérieux.
Tous apprécient la cuisine de Renée : une entrée aux moules
servie sur laitue et petits légumes frais; des langoustines dodues
cuites a point. Pour terminer, mousse
aux bananes et au rhum. Le tout offert sur une belle nappe blanche au
centre de laquelle s’épanouit un joli bouquet de fleurs du jardin
artistiquement créé par Michelle, l’artiste
de la place. Des bougies « fenshui » projettent leur
douce lumière sur l’ensemble. Autour de nous,
deux perroquets bavards et drôles, trois chats qui s’amusent
entr’eux et un chien qui fait son gardien à l’occasion, surtout
quand je me rends a ma chambre le soir… Le
jeune couple dont lui est pomiculteur averti et elle, inspectrice dans
une entreprise d’élevage de poulets, m’emmène, en cette belle journée de mes débuts
de vacances, pour un tour dans les « mangroves » Là, assise
confortablement dans le solide bateau de Jaime, j’admire de
magnifiques oiseaux que me désigne notre compétent guide : de
fiers hérons, blancs, bruns, bleus, aux gros becs, dans l’attente figée
d’une proie ou dans leur envole gracieux
vers un but mystérieux. Puis apparaissent de goulus pélicans
qui plongent, sans déplacer d’eau, et gobent la victime ou la
conservent dans leur large bec pour la livrer aux oisillons. D’élégants
ibis au bec jaune, légèrement courbé,
se tiennent aux aguets
derrière les roseaux. « Vite regardez là haut! » Une volée
d’étranges canards noirs au cou tordu, aux ailes légèrement bordées
de blanc passent très vite
au-dessus de nos têtes. Leur nom, Anhinga …Une espèce indigène. Et
ainsi de suite, au hasard de nos explorations dans les canaux des
mangroves, nous découvrons de nouvelles espèces d’oiseaux et
d’autres qui nous sont familiers. Mais, pas de crocodiles, car nous
sommes à marée haute…Cette randonnée paresseuse dans le dédale des
mangroves dont les arbres poussent leurs innombrables branches dans les
fonds vaseux y font des
racines et multiplient
leurs espèces et les pièges…à quelque chose de fascinant et incite
à la méditation. Nous retournons vers l’embouchure du fleuve où
nous pouvons voir et entendre les gros rouleaux d’écume de l’océan
qui ne réussissent pas à secouer le calme de la rivière. Le
lendemain, un autre couple sympathique et leur fils Victor, offrent de
m’emmener sur le bord d’une
plage. Ils viennent des environs de Montréal. Le
mari est infirmier, l’épouse est cadre dans un METRO. Pierre
nous conduit vers la plage Ballena (c’est lui qui d’habitude
dirige les clients vers les tours qu’ils ont choisi en se basant sur
les différentes publicités offertes) Un bois assez touffu nous sépare
de la mer. En route, un obstacle…un ruisseau …que traverse
audacieusement un pont fait de deux planches branlantes, rapiécées.
« Aucun bras » ou corde n’offre de support à la vieille
dame que je suis et qui a, à son grand étonnement, perdu un peu de ses
moyens…Heureusement , deux anges-gardiens qui ont
marché sur le tout, sans la moindre hésitation , viennent à
mon secours . L’un en avant me prend la main, l’autre à l’arrière
en fait autant et me voilà de l’autre coté, sans autre dommage
qu’un orgueil humilié.
Et après
un spectacle nous attend qui nous émerveille et nous captive.
Dans le haut d’un gros arbre, une famille de singes noirs (les congos
dit-on), s’amusent : la mer est couchée sur le ventre les bras
ballants de chaque coté de la branche et nous regarde alors que deux
petits se poursuivent et grimpent autour d’elle. Bon enfin, j’en ai
vus ! La vaste plage en demi-lune est
magnifique. Pendant quelques minutes, je m’assoie sur une
chaise du Diquis, et je contemple le spectacle. La vaste mer
et ses déferlants dans lesquels s’amusent la petite famille.
Au loin, deux impressionnants rochers abruptes qui semblent déserts et
sur lesquels s’abattent de puissantes vagues. Le goût d’aller me
mesurer à la mer, s’empare de moi. Après avoir été assaillie par
quelques rouleaux bien salés, je décide
de m’adonner à une activité moins agressive, soit de
faire une longue marche sur le beau sable avec Lise qui
m’accompagne gentiment avant de retrouver les siens et de se
joindre à leurs jeux. Et c’est le retour. Les singes ont disparu,
mais le pont est toujours là… Une
voiture du Diquis , avec Philippe à la roue , nous ramène à bon port. Aujourd’hui,
Renée décide de nous emmener, Constance et moi, à Cortes où
elle achète certains poissons. Pendant ce temps, Michel et Pierre
vaquent à leurs occupations et discussions d’hommes…Ces gens,
pleins de vitalité et d’humour, sont des amis de Pierre et Renée,
depuis de longues années. Leurs
vifs échanges sont un plaisir à
entendre. Nous traversons la petite ville tranquille et arrivons devant
une sorte de hangar où une forte odeur de poisson nous saute au nez.
Après avoir contourné des obstacles hétéroclites, nous arrivons
devant une grande mare verte dont les eaux ne bougent pas …Devant
nous, sur un arbre dénudé sont perchés trois grands vautours noirs
immobiles et sinistres. A droite de l’étang, dangereusement près du
bord, se tient dans toute sa dignité, un magnifique héron d’un blanc
immaculé. Tout-à-coup, le tapis d’herbe verte frémit, de longues traces se dessinent
à la surface, de gros yeux sombres et froids sortent furtivement
de l’eau… Un clapotis éclate dans le silence des observateurs médusés… Puis un
grand cri…Le beau héron a disparu… Un
peu ébranlées par la cruauté de la nature qui ne fait que suivre son
instinct, nous nous dirigeons vers un petit magasin de tissu. Renée
vous contera l’aventure avec son talent tout spécial de conteuse. Le
souper présentera comme mets principal le gros poisson pêché et acheté
le matin même. Enveloppé d’épices et de sauce dont Renée a le
secret, il fera les délices
des convives. Une entrée où
trônent de grosses crevettes, joliment entourées de poivrons rouges,
ouvre l’appétit de même qu’un vin de bon cru. Un dessert
maison, un croustillant aux pommes-cannelle et raisins secs, servi avec
crème glacée, termine le
tout. Deux
jours après, je me lance dans une aventure que j’ai pu réussir, grâce
au support patient de Constance et Michel. Pierre nous conduit sous le
haut rancho circulaire
d’un confortable domaine où l’on offre divers tours dont la visite
d’une chute perdue dans la brousse. Un impressionnant concert de
cigales accompagne notre descente sur un escalier de pierres irrégulières
et moussues. Quelques vestiges de « mains courantes »
offrent une certaine sécurité aux membres affaiblis…Les bras solides
de mes amis sont là quand le support de bois vermoulu fait défaut…En
bas, de massives pierres irrégulières et polies barrent
l’entrée du bouillonnant bassin où se jette, en deux étapes, une
magnifique chute . Elle scintille des mille rayons de soleil qui
traversent la végétation touffue au-dessus de nous. Elle clame son
chant mélodieux et puissant. Quel enchantement! Tellement que je franchis sans peur et sans aide la
barrière de roches me séparant
de cette eau limpide qui me sollicite. Je me jette avec délices
dans l’onde fraîche et régénérescence. Combien de temps
sommes-nous restés?... Une
demi-heure … Une éternité…Ici,
le temps ne se compte pas … Ce
soir, nous avons faim, et le repas répond
à nos attentes : cevichi comme entrée ; épaisse tranche
de thon rouge bien assaisonné, accompagné d’asperges blanches ;
dessert de fruits, sautés dans le beurre et le rhum. En
ces premiers jours de février, le goût de l’aventure m’assaille et
je décide d’accepter l’offre de Pierre d’aller avec lui conduire
le couple, Michel et Constance,
vers le « Canopy
Tour » Rendu à
destination, Pierre, profitant de son privilège de propriétaire d’un
complexe, commence la montée vers le canopée avec ses invités. Je le
suis dans le but de vérifier mes capacités à réaliser cette aventure
éventuellement…Sur le sentier, j’entrevois un paresseux, accroché
indolemment sur une branche, puis j’écoute notre guide écologiste
nous expliquer le rôle que joue cette espèce de grosse excroissance
qui enveloppe la jointure d’une branche. C’est un nid de fourmis
dont le travail consiste à nettoyer à fond la blessure de l’arbre
qu`elles n’abandonneront que lorsque que la guérison est complète.
Et elles disparaissent, sans doute vers quelqu’autre patient …Nous
continuons lentement la montée. De plus en plus lentement pour moi
…Sans attendre l’opinion de Pierre, je lui dis : « Bon,
j’ai compris, l’escalade n’est pas pour moi ! Allons voir les
papillons … » Nous voilà à
Baru dans une jolie cage à
papillons. Au milieu de fleurs multicolores
et de buissons fleuris, des papillons de toutes
les grandeurs et de toutes les
couleurs, voltigent, évitant habilement
de frôler les visiteurs : des jaunes éclatants, des
oranges vifs, des noirs marqués de lignes jaunes, des jaunes marqués
de lignes noirs, des blancs
légèrement marbrés, des dessins incroyablement symétriques ornent
ces magnifiques insectes qui virevoltent, prisonniers de leur cage pour
notre plaisir. Enfin, je peux le contempler à satiété le fameux grand
morpho, dont les ailes d’un bleu lumineux bordées de noir, miroitent
comme une soie précieuse. Je l’avais entrevu dans son envol rapide au
Diquis, mais n’avais pu déceler
tous ces glorieux attributs. Quant à me renseigner sur les animaux du
Costa Rica, pourquoi ne pas nous rendre à la ferme des reptiles? Disons
que je ne suis pas particulièrement attirée par les serpents…mais
comme ils nous sont très bien présentés dans leurs niches vitrées,
sous des décors appropriés, même
artistiques, je me mets à m’intéresser aux textes qui
analysent, pour nous les habitudes et mêmes les services que nous
rendent ces êtres rampants d’une incroyable souplesse. Ils se
glissent sous les rochers s’enroulent autour des arbres, des animaux,
même des humains parfois…mais pas ceux du Costa Rica, dit-on … (je
parle des boas, évidemment) Il y a des vipères et un serpent noir qui
sont particulièrement venimeux , mais pas ici…On ne peut pas passer
sous silence , la beauté des dessins , des couleurs qui
enrobent leurs corps. Un grand nombre nous sont présentés qui
fascinent par l’éclat de leur peau, par les formes géométriques
qu’ils arborent. D’autres reptiles comme des alligators, des tortues
se meuvent dans des bassins spécialement conçus pour eux. Puis, nous
rejoignons et ramenons nos amis, qui ont vécu des émotions beaucoup
plus fortes dans leurs glissades sur un fil de fer au-dessus de la
jungle… La
cuisinière et sa nouvelle création culinaire nous
attend devant ses belles tables attrayantes au centre desquelles
s’épanouissent les éclatantes fleurs du jardin. Ce soir, nous nous délecterons
d’une entrée de petits légumes frais, taillés artistiquement,
reposant sur des rondelles d’oignons rouges, enveloppés d’une
feuille de laitue frisée. Une cuillérée de fromage blanc couronne
l’arrangement. Puis, le mets principal, un vol-au-vent garni d’une
savoureuse sauce de fruits de mer,
moules, crevettes, calmar, et autres, rehaussée d’un goût de
bon vin. Des légumes verts et jaunes croustillants agrément le plat.
Le dessert ? Une coupe de fraises rouges et juteuses avec gâteau-maison et crème
glacée. La compagnie a choisi, d’un commun accord, un vin blanc
d’un bon crût suggéré
par le maître-sommelier, Pierre.
Il y a toujours sur la table un panier de pain frais, confectionné par
un boulanger du coin. La journée se termine dans la joie. Autour du
rancho, c’est la paix, animée par le chant mélodieux de la nuit
offert par les grenouilles, les cigales, les oiseaux du soir… Et le
ciel est d’une beauté magique. Dans son bleu sombre, percé d’étoiles
d’une incroyable luminosité, il déploie un spectacle
scintillant, changeant. Notre œil y perçoit, sans cesse, de
nouvelles étoiles, de nouvelles constellations. Quelle splendeur !
Quelle paix ! La nuit n’est pas encore ternie par les éclairages
artificielles de notre civilisation… Ce
soir du début de février, il n’y aura pas de souper au Diquis. Pour
souligner le départ de Michel et Constance, qui continueront leur périple
vers d’autres points du
Costa Rica, nos hôtes nous offrent une mystérieuse randonnée vers le
haut d’une montagne voisine. Après avoir roulé paisiblement sur la
belle route qui nous sort de Ojochal, nous tournons à gauche sur une
route étroite, cahoteuse, montante : des tournants abruptes, des
trous qui secouent la solide mécanique de la Galopper de Pierre, dont
nos corps adoptent les mouvements brusques…! Malgré tout, nous avançons
bon train et joyeusement. Après un de ces virages serrés, une scène
charmante s’offre à nos yeux. D’un côté, une petite ferme s’étend
où s’ébattent, sous d’humbles bâtiments de planches, des poules,
des cochons, des veaux. De l’autre, un enclos de bonnes dimensions où
paissent de grandes vaches beige pâle, presque blanches, aux longues
oreilles et qui portent un bosse sur la nuque. Elles me font penser aux
vaches sacrés de l’Inde (en fait, j’ai vu beaucoup
de troupeaux de cette race de vaches en ce pays) Un beau jeune
berger aux yeux très noirs et à la peau plutôt brune tire, avec une
certaine fermeté, un veau qu’il tente de sortir
du champ. Quoique timide devant nous les étrangers, sinon les
intrus, il accepte de se laisser photographier avec son troupeau. Il
paraît que ces humbles fermes, qui suffisent aux besoins de leurs
propriétaires, seraient assez répandues dans les montagnes du Costa
Rica. Après cet interlude, nous continuons notre montée tortueuse.
Enfin, nous arrivons sur un cite pittoresque, insolite et même très
beau : à l’extrémité droite d’un terrain plat bien aménagé
se dresse un rancho de bois de belle confection, conçu
pour recevoir des invités. Au centre du vaste terrain, une importante dénivellation
en bas de laquelle de nombreux bassins ont été creusés et remplis
d’eau qui y gargouille toujours. On y élève des poissons que l’on
nourrit pour le plaisir et la gourmandise des touristes. Ce sont des
« TILAPIAS » Il faut d’abord les pêcher …C’est à ce
spectacle amusant que j’assiste du haut de ma colline, bien calée
dans ma chaise-hamac. Non, je ne me suis pas permis de descendre la côte
trop abrupte. De là haut, je ris de voir les quatre adultes se
comporter comme des enfants : Renée qui saute de joie devant sa
prise, la première de la journée, ou est-ce la soirée ? Les autres
qui échappent la leur ou rejettent les trop petites. Heureusement,
qu’un pêcheur chevronné pêche sans difficulté et en recueille
assez pour nous tous. Alors que le soir, selon son habitude immuable,
est tombé très vite, nous nous asseyons devant ne belle table où
l’on nous offre d’abord une coupe de Porto. Le poisson arrive
ensuite, bien grillé entouré de salade verte, de tomates et de riz.
L’assiette est généreuse et
appétissante. Le dessert, des tranches de bananes que l’on trempe dans
une sauce délicieuse. Les hôtes sont charmants… Et pendant ce temps,
la pluie s’est mise de la partie … Qu’importe, le retour est
joyeux, et la pluie en bas est absente… En
fait, au cours de ces trois semaines au Costa Rica, il n’a plus que
deux fois et la nuit seulement. Nous
sommes déjà rendus au 10 fevrier ! Ainsi
passent les jours au Diquis dans la douceur d’un climat presque
parfait incitant à la bienheureuse paresse ceux qui, comme moi, peuvent
en profiter, sans remord…Mes hôtes, du reste, m’encouragent dans ce
sens, et m’entourent de sollicitude…Ils me donnent le goût de
poursuivre ma vie avec enthousiasme ! Mon
seul regret, c’est que tous mes enfants ne puissent en profiter en même
temps que moi. Ces vœux s’adressent aussi à la famille de Renée, à
la grande famille et à mes amis les plus chers. Au
cours des dernières journées, j’ai visité avec Pierre et Renée les
petits centres qui nous entourent. J’y ai observé des gens paisibles,
travailleurs, qui se contentent de leur humble revenu et en vivent avec
la famille dont ils sont fiers. Ils sont aussi très accueillants pour
les étrangers que nous sommes et nous aident patiemment malgré notre
vocabulaire limité en espagnol. Ils s’en amusent parfois, mais sans
malice … Les Ticos (c’est ainsi qu’on désigne les Costariciens
ici) qui travaillent pour Renée et Pierre sur leur
domaine, sont dévoués et ne lésinent pas sur le temps supplémentaire,
quand il s’avère nécessaire. En particulier la sympathique Rosa,
l’aide ménagère, qui adore sa « maîtresse », et cherche
à lui plaire en tout. Il en est de même pour Geraldo, le bras droit de
Pierre, qui travaille dur pour répondre aux besoins multiples de la réparation
des bâtiments et l’entretien d’un aussi vaste terrain. Tous deux
ont de l’aide supplémentaire, sans difficulté, quant la clientèle
est plus nombreuse que prévue. Disons, toutefois, que Pierre et Renée
sont des patrons compréhensifs et justes … Une
autre expérience que j’ai vécue
et que j’ai trouvée très enrichissante a été la rencontre
avec toutes ces personnes de différents milieux, pays, nationalités
qui constituent la clientèle du Diquis. Quel plaisir de les voir
communiquer entre eux, malgré leur connaissance, limitée parfois, de
la langue de l’autre. C’était
la paix, la joie, l’harmonie ! Évidemment que l’accueil chaleureux
de maître et maîtresse, la cuisine de qualité
et le vin de bon crût peuvent être les catalyseurs qui font naître
une telle atmosphère ! Quoiqu’
habitant depuis peu le Costa Rica, Pierre et Renée se sont fait des
amis fort
intéressants. Plusieurs d’entr’eux, dont Philippe, auraient troqué
une carrière et une
situation prospères dans un grand centre pour la vie simple que leur
offre le Costa Rica dont
les habitants se contentent de l’essentiel
et sont heureux. . Ainsi
vivent les gérants du Diquis : dans l’amour, la paix et le
labeur! Oui,
les amis, il est heureux «ce couple qui a osé aller au bout de ses rêves »
comme l’a proclamé leurs enfants. À
bientôt Mireille P.S.- Dans ce texte, je n’ai parlé que des aventures vécues par moi, qui m’étaient possibles, mais il y en a une foule de fascinantes qui sont à votre portée, vous les jeunes tout court et vous les jeunes de cœur… |